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Samedi 16 mai 2009

Bonjour à tous !





Tout d'abord, je ne peux commencer cet article sans remercier chaleureusement les personnes sans qui mon travail n'aurait pu aboutir.

Stéphane Rosselle du Centre d'Elevage Reptilis avec qui je partage depuis longtemps une vive passion pour les Colubridés et particulièrement Pantherophis guttatus. Sa disponibilité, son soutien et ses précieux conseils sur l'élevage m'ont réellement permis d'avancer dans ce pojet.

Nicolas Hussard de NH Reptiles / Reptiligne qui a aussi beaucoup oeuvré dans ce projet, en en proposant le démarrage à BHB Enterprises (Etats-Unis) pendant trois ans. Ce pari fou déboucha sur un partenariat dont les retombées m'ont tout simplement permis de créér Colubiasnakes. Je ne lui en serai jamais assez reconaissant !

Brian Barczyk de BHB Enterprises qui a eu l'audace de croire en ce nouveau phénomène à l'heure où tous les "investisseurs" se tournent frénétiquement vers les innombrables phases du Python royal ou du Boa constricteur et autres Boïdés. J'espère réellement pouvoir le rencontrer un jour afin de pour lui exprimer de vive voix ma reconnaissance.


A toutes les personnes qui, d'une manière ou d'une autre, m'ont aidé dans ce projet, notament ceux qui connaissaient ces Animaux en 2006 et qui ont respecté mon souhait de confidentialité.

Merci à toi Christophe de Pogona Premium pour ton écoute et ta compréhension tout au long de ce parcours. Qu'aurais je fait sans toi ?

Merci à toi Francky, qui n'as eu cesse de me rassurer et de m'encourager.

Merci à vous Nicolas de Easy Snakes et Romain pour votre aide et sans qui les vidéos "Destination Terrario" n'existeraient pas.

Merci à toi aussi mon pti Seb pour ton aide au tout début que je n'oublirai jamais


Enfin, je ne peux oublier de remercier mon épouse Martine qui a toujours respecté ma passion pour ces drôles Animaux que sont les Serpents. Sans sa compréhension,  sa bienveillance et  son soutien, je n'aurais jamsis eu la force de faire tout ça !


Le Serpent des blés,


(Pantherophis guttatus) compte aujourd'hui parmi les Reptiles les plus emblématiques de la Terrariophilie. De taille modeste, robuste, colorée et dotée d'un tempérament pacifique, cette Couleuvre a pris une place de choix dans le coeur des passionnés. De plus, sa facilité d'élevage en a fait une pionière dans l'ère de la mutation génétique.

Il existe aujourd'hui chez ce Serpent  de nombreuses sélections d'élevage et mutations génétiques (appelées "phases".) Elles sont souvent à l'origine le fruit de hazard, et par la suite le résultat d'un méticuleux travail de sélection ou d'un calcul savamment mené.

En ce qui concerne Patherophis guttatus, jusqu'à récemment, le travail portait soit sur les couleurs ("albinos", "anerythristic", "hypomelanstic", etc.), soit sur les motifs de la robe ("motley", "striped", "diffused", etc.) De plus, il a été possible de conjuguer tous ces résultats, ce qui a rendu exponentielle la génétique de cette sympathique Couleuvre.

C'est aux Etats-Unis, pays originel de l'espèce que l'élevage du Serpent des blés a pris son essor (depuis les années soixante.) Puis, le phénomène a gagné l'Europe et bien d'autres pays, si bien qu'aujourd'hui des élevages existent partout. En matière de nouveauté, les éleveurs américains ont le monopole grâce à leur longue expérience -ils élèvent tout de même le Serpent des Blés depuis bientôt cinquante ans !

Cependant, bien des fois, le travail des éleveurs européens a réservé de bien belles surprises dans l'élevage de Pantherophis guttatus, contribuant ainsi à la réussite de cette aventure dans le monde entier.

Partant de ce constat, il est facile de se rendre compte que les projet d'élevage liés au Serpent des blés hanteront les nuits agitées des terrariophiles pendant de nombreuses années !


Le phénomène "scaleless"



Le terme "scaleless" signifie "sans écailles."

Un Serpent sans écailles, est ce possible ? Comment peut-on immaginer tel handicap pour un Animal dont de fait de posséder des écailles sur tout le corps a permis qu'il partage notre planète depuis environ 140 millions d'années ?

Pendant tout ce temps, ses écailles lui ont permis de se déplacer efficacement dans tout type de milieu et même dans l'eau (ce qui, sans membre ou nageoire n'était pas une évidence.)

Elles sont aussi un précieux bouclier contre les blessures, morsures et autres
attaques de parasites.

Enfin, que dire du rôle des écailles dans l'organisation de la livrée garantissant le camouflage chez beaucoup d'espèces ?

Finalement, sans ses précieuses écailles, notre Serpent n'aurait peut être pas su trouver sa place et la garder au sein de l'évolution des espècs !

Et pourtant, et pourtant...

Un évènement bouleversant.

Passionné par les Animaux et en particulier les Serpents depuis l'enfance, j'ai découvert la Terrariophilie à la fin des années quatre vingts. Je n'avais alors aucune intention de reproduire mes pensionnaires qui étaient des "coups de coeur" achetés en animalerie. Il faut dire aussi que, à cette époque, pour un simple amateur, le simple fait de parvenir à garder en captivité des Reptiles en bonne santé sur un long terme constituait déjà un beau défi.

Mes premières naissances ne vinrent que bien plus tard, en 1998, avec une reproduction de Pythons royaux obtenue par hasard. A ce moment là je maintenais entre autres Pantherophis guttatus et Pantherophis emoryi qui étaient encore classées en sous-espèces du Serpent des blés. (On les nommait à l'époque "Elaphe guttata guttata" et "Elaphe guttata emoryi".)

De l'union de deux de ces Couleuvres, une "guttata" et une "emoryi" vint une ponte dont beaucoup d'oeufs ne se développèrent pas. Rappelons que, à cette époque, mes Animaux n'étaient pas du tout préparés à la reproduction, tant sur le plan du nourrissage que de celui de l'hibernation, ce qui pouvait expliquer le résultat médiocre.

Sur les trois seuls oeufs vivants en fin d'incubation, de bébés de type "emoryi" sortirent. Il restait donc un oeuf à eclore. Quatre jours passèrent. Puis, le soir du quatrième jour, jetant un rapide coup d'oeil à ma couveuse, je vis mon oeuf percé et une étrange tête qui en dépassait.
Sur le moment, je n'y prétais que peu d'attention ; c'est le lendemain que j'allais avoir la surprise de ma vie...

Lorsque, le lendemain matin, ce fameux 4 octobre 2002, je revins à ma couveuse, le Serpent n'était pas toujours sorti de son oeuf. Je l'observai de plus près et il me semblait étrange, avec son drôle de museau pâle. Je préssentais quelque chose de vraiment anormal mais il m'était impossible de savoir de quoi il s'agissait.
Ce n'est qu'en fin d'après midi que, tenaillé par l'impatience, je craquai et décidai de le sortir de son oeuf. Je savais qu'il était déconseillé de le faire mais c'était plus fort que moi, je ne pouvais plus attendre.

A l'aide d'une paire de ciseaux à ongles, j'agrandis la fissure faite par le Serpent, puis je fendis la coquille parcheminée sur presque toute sa longueur. Je me rendis compte que quelquechose clochait : le Serpent avait un aspect bizzare, comme s'il n'avait pas achevé son développement. Pourtant, il était bel et bien vivant et prêt à sortir !

Avec une infinie précaution, je le sortis de l'oeuf et j'eus un premier choc : ses couleurs et ses motifs étaient inhabituels. C'était difficile à décrire. Il y avait du jaune, du violet, du gris plus ou moins clair et tout cela avait tendance à se mélanger. Les tâches aussi étaient surprenantes : elles se rejoignaient entre elles, zigzaguaient et formaient parfois des lignes sur les flancs. Mais ce fut surtout ce museau bleu-ciel vif qui éveilla mon attention. La tête, elle, avait une teinte vert-bleuté avec des nuances violettes. J'étais fou de joie : comment pouvait-on espérer de telles couleurs sur une simple "Gutt" ?

J'installai mon trésor dans une petite boîte plastique de type "Fauna box", valeureux ancètre de me actuelles boîtes d'élevage, avec du papier essuie tout et un petit ramequin d'eau.

Un heure plus tard, je revins voir mon Serpent qui semblait s'être parfaitement remis de cette intervention. Il faisait très beau ce jour là et la luminosité de ma pièce était optimale. Je décidai de le manipuler une seconde fois. Je le pris délicatement dans mes mains et je me rendis près de la fenêtre afin de lieux en profiter. J'eus  à ce moment précis le choc de ma vie : ce Serpent avait la peau nue.



Erreur d'incubation ou mutation génétique ?


Une fois mon calme retrouvé, je me mis en quête d'informations sur les Serpents nus. Beaucoup de questions me venaient à l'esprit. Ce Serpenteau était-il viable ? Y avait-il d'autres cas de Serpents nus dans le monde ? Etait-ce dû à une erreur d'incubation ou bien s'agissait-il d'une particuliarité d'origine génétique ? Et pourquoi pas les deux raisons combinées ?

Curieusement, j'obtins assez rapidement certaines réponses. N'étant pas encore connecté à Internet à ce moment, je me tournais vers les quelques ouvrages que je possédais alors. Seul l'un d'entre eux, "Serpents" des Editions Artemis parlait de ce phénomène dans un chapitre nommé "Tératologie", écrit par Gilbert Matz.

J'y appris que le phénomène "scaleless" était une mutation génétique récessive et qu'il avait déjà été rencontré chez différentes espèces comme Lampropeltis calligaster, Thamnophis SSP, Pantherophis obsoletus lindheimeri et ...Pantherophis guttatus.

Par la suite, au cours de mes recherches sur Internet, je trouvai quelques rares photos montrant des Serpents nus appartenant à certaines des espèces précitées, ainsi que d'autres espèces, mais aucun Serpent des blés.

Mes recherches s'orientèrent aussi sur des rapports scientifiques américains relativement complexes sur cette mutation. J'y appris que les premières "scaleless" avaient été trouvées dans le milieu naturel. Il s'agissait d'individus en nombre très limité des espèces Pituophis melanoleucus catenifer et Nerodia sipedon. Ces Animaux firent l'objet d'études scientifiques sur leur métabolisme. Selon ce qui m'avait été donné de comprendre, l'absence partielle d'écailles n'influait que très légèrement sur celui-ci, notamment en matière d'évaproration d'eau et d'échanges thermiques.

Ainsi, l'absence d'écailles n'était aucunement incompatible à leur survie, même si cela devait les rendre plus fragiles et surtout plus repérables par les prédateurs.

 Il est d'ailleurs plus approprié de parler de "manque d'écailles" plutôt que d'absence proprement dite. En effet, à ce jour, toute "scaleless" possède un minimum d'écailles :

       - les écailles ventrales,
       - les écailles labiales et oculaires.

De plus, des écailles sont souvent présentes (en nombre limité, parfois à l'état de traces) au milieu du dos et au niveau de la queue.

Ces dernières sont d'ailleurs fort utiles pour l'heureux possésseur d'un Serpent nu car elles sont le plus souvent le seul lien visuel fiable avec l'espèce correspondante.

*Remarque : les "scaleless" changent de peau comme n'importe quel autre Serpent. C'est tout logiquement une exuvie sans écailles que l'on retrouve à côté de l'Animal fraîchement mué. De même, les individus "scaleless" ont une peau "normale" constituée de couches externes et internes. En ce sens, certaines affirmations fantaisistes selon lesquelles ces Animaux souffrent d'avoir la peau "à vif" n'ont pas de sens. En un mot, la peau des "scaleless" est comparable à celle du Gecko Léopard dont le biotope originel et la facilité de maintenance tendent à montrer qu'un Reptile peut avoir la peau lisse sans que ce soit pour lui un handicap.

Un avenir génétique ?

Une fois mes premières craintes évaporées, notament en ce qui concerne la mue, je réalisai peu à peu la chance que j'avais eue, ainsi que le potentiel d'un tel Serpent (un petit mâle de surcroît.) Comblé par cette découverte, et assez fier il faut bien l'avouer, il m'était impensable de ne pas vouloir aller plus loin.

L'année suivante, en reproduisant les mêmes parents, j'eus la joie de récolter deux autres "bébés scaleless" dans des conditions de reproduction mieux maîtrisées. Ils étaient de couleur différente. La femelle avait des tons gris-foncé et blancs (un peu à la manière d'une "anerythristic") avec le nez bleuté, tandis que le mâle possédait des teintes noires et jaune-orangé. Avec l'âge, la femelle devint brun-orangé avec des motif gris-foncé, toujours avec le museau bleuté. Le mâle, lui, devint totalement orange-vif et noir. Quant à mon premier spécimen, après être passé par différentes nuances, il finit par arborer une robe rose-orangé avec des tâches d'un noir soutenu.

L'année 2004 fut un échec, probablement dû à un déménagement en début de saison de reproduction ou bien d'une mauvaise incubation.

En 2005, je fus bien plus chanceux avec sept nouveaux bébés sans écailles dont la plupart possédait une robe rouge-clair avec des tâches plus ou moins cerclées de noir.

En 2006, quatre autres virent le jour.

En 2007, une quinzaine de bébés aux couleurs allant de l'ocre-jaune au rouge presque foncé en passant par diverses nuances de orange, et toujours avec des motifs variés.

Et ainsi de suite les années suivantes...

Ces naissances successives au sein d'une même lignée, puis, sur des lignées différentes attestent du caractère résolument génétique de ce phénomène. Il s'agirait bien là aussi d'un gène récessif puisqu'il y a des individus "scaleless" et "hétérozygotes scaleless."

Même si le taux de fécondité de mes Serpents nus semble amoindri comparativement à d'autres phases (observations personnelles restant à confirmer), il n'en demeure que les indivdus "scaleless" produits au sein de mon élevage sont bien l'oeuvre de la génétique, vivent en parfaite santé apparente et sont tout à fait capables de donner descendance ! Si le nombre d'oeufs pondus semble inférieur à celui d'un classique Serpent des blés, c'est peut être tout naturellement la conséquence du croisement de ce dernier avec son proche cousin Pantherophis emoryi, bien moins prolifique.

Il m'est à ce jour difficile d'établir des règles précises et durables quant aux modalités de fonctionnement du gène "scaleless" car, même après sept ans de vécu, j'estime ne pas avoir le recul nécessaire.

A cet égard, je ne peux qu'émettre des hypothèses et des conclusions basées sur l'expérience sur cette espèce:

       - l'absence (ou plutôt le manque) d'écailles est le résultat d'un gène récessif ; il y a donc des "scaleless" et des "hétérozygotes scaleless" ;

       - les bébés "scaleless" n'ont apparament pas plus de problèmes de santé que les autres Serpents ;

       - cette mutation se rencontre chez les deux sexes ;

       - les deux sexes sont fertiles ;

       - cette mutation se transmet sur différentes lignées ;

       - ce gène peut se combiner avec d'autres gènes (l'avenir nous dira si tous les gènes connus à ce jour peuvent se conjuguer avec lui) ;

       - tous mes Serpents nus sont issus d'accouplment "scaleless X hétéro scaleless" ou bien "hétéro scaleless X hétéro scaleless". Les premières pontes "scaleless X scaleless" ont eu lieu cette année. Placées en couveuse elles devraient éclore dans quelques semaines...

       - le nom officiel des Serpents nus issus de mon élevage est "Pantherophis guttatus SP scaleless" car la souche première est le fruit du croisement entre Pantherophis guttatus et Pantherophis emoryi. Ce ne sont donc pas de "purs" Serpents des bés mais on ne peut pas tout à fat les considérer comme des hybrides "purs et durs" à l'image des "Jungle corn" (Pantherophis guttatus X Lampropeltis SSP.) Il serait vrissemblablement plus appropriés des les considérer comme des "ex-intergrades", à l'instar des phases "creamsicle", "rootbeer" et autres "cinamon".

         Néanmoins, si certains "puristes" tiennent à classer ces Serpents et leur descendance "guttisée" au rang des hybrides, cela se respecte au vu de l'actuelle taxonomie qui définit Pantherophis guttatus et Pantherophis emoryi en deux espèces distinctes. Laissons leur ainsi cette liberté.




Conclusion

Non seulement les Serpents nus existent, mais certains d'entre eux sont parfaitement capables de vivre et de se reproduire en captivité. Avec l'arrivée de tels Animaux dans les bacs des passionnés, l'élevage du Serpent des blés pourrait bien pendre une nouvelle dimension car ce gène révolutionnaire est encore bien loin de nous avoir livré tous ses secrets.




"Parions que dans l'immense casino de la génétique, cette mutation aussi surprenante que fabuleuse constitue une nouvelle donne, où chaque carte tirée mènera assurément son joueur au coup de poker."



































Des juvéniles de la saison 2009 seront très bientôt disponibles chez Colubiasnakes et au Centre d'élevage Reptilis. N'hésitez pas à nous contacter si cela vous intéresse.

Voilà les enfants ! J'espère que cela vous a plut. Certains d'entre vous vont trouver cette nouvelle mutation fabuleuse. D'autres diront que c'est contre nature et que cela ne devrait pas exister. Quoi qu'il en soit, il est important de respecter les avis de chacun car la Terrario n'est pas une dictature où il n'existerait qu'une façon de voir les choses.

Que les Scaleless s'invitent dans les bacs des passionnés, c'est une chose. Néanmoins, cela ne remettra jamais en question les projets extraordinaires, passés, présents et futurs, que représentent nos actuels Serpents des blés !

A très bientôt !




Par Richard Dijoux
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Mardi 12 mai 2009

Bonjour à Tous !

 

L'Association Aquariophile et Terrariophile de Vichy (Allier) organise une bourse qui aura lieu Dimanche 07 juin à partir de 14 heures.

 

C' est une première dans l'Allier et l'équipe Colubiasnakes / Pogona premium sera ravie de vous souhaiter la bienvenue et vous proposer les premiers petits "bébés" de la production 2009 en Serpents et Lezards.

Se joindront à nous Frédéric Millier (Reptile Passion) et, très probablement, d'autres éleveurs !

Les entrées sont gratuites.

Pour se rendre sur le lieu de la bourse, il suffit de suivre la direction du Parc Omnisports de Vichy, à côté du Pont qui mène à l'hypermarché CORA. Une fois entré dans le domaine du Parc Omnisports, il suffit de se diriger vers la M.J.C. (Ce sera indiqué de toute façon.)



Voilà ! Je vous dis donc... à très bientôt à Vichy !


Par Richard Dijoux
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Mercredi 29 avril 2009

Bonjour à Tous !



Depuis plusieurs années, l'Association Française de Terrariophilie, organise des "journées rencontres".

Cet évènement  a pour motivation de réunir le temps d'un week end printanier les passionnés de terrariophilie, qu'ils soient ou non membres de l'assciation.

Le lieu de ces rencontre change chaque année. Il y a deux ans, nous nous étions réunis sur le site exceptionnel d'Alligator Bay, près du Mont-Saint-Michel ; l'an dernier, nous étions au sein de Touroparc, dans la région du Beaujolais.

Cette fois-ci, nous avons eu le plaisir d'être accueillis les 4 et 5 avril par le Parc Zoologque Beauval situé près de Saint-Aignan, en plein coeur des Châteaux de la Loire.

Le Parc Zoologique de Beauval, fondé en 1980 par Françoise Delord, qui détenait alors une importante collection d'Oiseaux, ne compte actuellement pas moins de 4000 Animaux, répartis sur 25 hectares. A l'origine une affaire familliale, il reçoit désormais plus de 450 000 visiteurs par an et emploie régulièrement une centaine de collaborateurs (près du double lors de la saison estivale.) Il est dirigé aujourd'hui par son fils, Arnold Delord.

Il faut dire que la création en mars 2008 des Jardins de Beauval, magnifique structure hôtelière d'inspiration indonésienne comptant 92 chambres et située face au parc zoologque confère à ce dernier une nouvelle envergure en matière d'accueil et de tourisme.

D'allieurs, le Parc Zoologique de Beauval est classé parmi les quinze plus beaux de la planète (selon le magazine américain Farbes Traveler.)

J'arrivai quelque peu en avance, ce qui est un fait rarissime chez moi. Les "hostilités" devant se dérouler dans une salle de conférence près du pôle d'accueil de l'hôtel, j'avais pris soin (à la dernière minute comme je sais bien le faire...) de réserver une chambre ici.

A peine entré dans le hall d'accueil, une sensation de bien être de quiétude m'envahit. Il faut dire qu'il y a de quoi ouvrir de grands yeux dans cet espace où tout le mobilier et la décoration, y compris les imposantes gravures en pierre, proviennent directement... d'Indonésie (les meubles et autres objets en bois étant réalisés en Teck de culture.) Effet garanti sur le voyageur fatigué par un long trajet !

 





 

Le groupe finit par me rejoindre dans le hall quelques minutes plus tard. Nous sommes alors chaleureusement accueillis par la directrice commerciale de l'hôtel qui nous invite à nous rendre dans la salle de conférences afin de nous présenter, en quelques chiffres, le parc zoologique et sa toute récente partie hôtelière.

 

Puis, après une agréable pause café pendant laquelle nous savourons nos retrouvailles (il est vrai qu'avec l'éloignement, nous n'avons pas l'occasion de nous voir souvent), nous retournons en salle pour assister à un exposé présenté par Francis Pastor et préparé avec la collaboration de Olivier Marquis et Karim Daouès sur une espèce endémique de Gecko mauritien au bord de l'extinction.
Nactus coindemirensis (photo provanant de www.bio.bris.ac.uk), un petit geckonidé d'à peine six centimètres de long a totalement disparu de l'île Maurice à cause, entre autres, de l'introduction accidentelle des Rats et des Musareignes sur cette dernière.
Sans compter qu'il possède aussi comme prédateur un autre geckonidé, Hemidactylus frenatus !

Son avenir est gravement compromis comme en atteste sa minuscule aire de répartition actuelle que sont les minuscules îles bordant l'Ile Maurice.

Le pari des scientifiques est alors de le réintroduire sur l'Ile Marianne, fort heureusement dépourvue de tels prédateurs, après la mise en place d'un biotope adapté, c'est à dire une savane sèche et rocailleuse. Cela a pris trente ans !

En décembre 2008, un groupe d'une trentaine de femelles supposées gestantes a été prélevé sur l'Ile de Vacoa (qui compte à peine 150 spécimens), puis envoyé au Zoo de Jersey.

Cet établissement est notamment connu pour avoir pu sauver in extremis de l'extinction le fabuleux Serpent jarretière de San Francisco (Thamnophis sirtalis tetrataenia) par un programme d'élevage dont tous ces Serpents en Europe sont issus. En effet, sa minuscule aire de répartition se cantonnant aux abords de la ville de San Francisco, et notamment près de son aéroport ainsi que les prélèvements dont il faisait l'objet le condamnait à disparaître définitivement.

Quand je vois le si faible intérêt aujourd'hui que lui portent la plupart des terrariophiles et des éleveurs dont je fais partie, je ne peux m'empêcher d'être quelque peu gêné...


Revenons à notre sympathique Gecko. Les reçues par le Zoo de Jersey étaient effectivement pleines et se portent à merveille. A ce jour, les oeufs incubent et des naissances sont attendues prochainement (peut-être ont elles déjà eu lieu...) Si tout se déroule bien, leur réintroduction sur l'Ile de Marianne pourra bientôt débuter.

Finalement, il est infiniment plus de provoquer l'extinction d'une espèce que d'oeuvrer à son salut, d'autant plus qu'étant considéré comme vulnérable par l'U.I.C.N., ce Gecko n'est classé à ce jour dans aucune annexe de protection de la faune sauvage et est donc comercialisable. Allez comprendre...

Après une pause "déjeuner" au sein du parc zoologique, nous assistons à un exposé préparé par Christian Keller, éleveur de Boïdés et de Colubridés passionné par les mutations génétique. D'ailleurs, il nous invite à cette occasion à un tour du monde passionnant des phases rares ou peu connues chez les Colubridés. Autant dire que ce sujet a attiré toute mon attention !
Il nous présentera plus d'une soixantaine de mutations gnétiques et sélections d'élevage comme le Serpent roi de Californie "blue eyes blond", le Serpent roi de Floride "sulfur lavender", le Serpent ratier de Baird "albinos" aux magnifiques teintes metalliques ou encore l'Elaphe climacophora "albinos", présente à l'état sauvage au Japon et considérée comme porte bonheur par une population qui lui voue un véritable culte !

La journée se terminera par la visite de certaines parties du zoo, en particulier les serres tropicales où se trouvent les Primates, les aquariums... et les Reptiles.
François, qui fait partie de l'équipe des soigneurs animaliers du parc depuis plusieurs années nous a fait la gentillesse de nous servir de guide tout au long de ce week end, ne manquant pas de répondre à toutes nos questions ou de nous raconter les petites anecdotes du métier de soigneur. C'est tout naturellement qu'il sera convié ce soir à dîner avec nous.



   

 
 
 
 

 



 


 
 
 
 
 


 
 

 
 



 





Après une nuit courte, certes, mais ô combien confortable (l'Hôtel du Parc tient résolument ses promesses), nous assistons à un exposé sur deux epèces européennes de Colubridés : la Couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus) et la Couleuvre fer à Cheval (Coluber hyppocrepis) réalisé par Jean Pierre Macé, Président de l'A.F.T.

La Couleuvre verte et jaune se subdivise en deux sous-espèces :

- Coluber viridiflavus viridifavus présente en France. Elle se caractérise par une robe vert-foncé presque noire mouchetée de jaune. (photo provenant du site : www.serpenti.it)


- Coluber viridiflavus carbonarius, de couleur noire, qui vit en Italie, en Corse et à la limite du sud est  de la France.
(photo provenant du site : www.funghiitaliani.it)


La taille de ces Serpents est comprise entre 1m20 et 1m50. Leur comportement est extrêmement agressif.

La Couleuvre fer à Cheval, elle, se rencontre dans le sud de l'Espagne et en Afrique du nord. Elle ne comprend pas officiellement de sous-espèce mais comporte différentes formes locales qui se distinguent par leur coloration. Certains Animaux ont une couleur très foncés et des motifs peu visibles ; d'autres sont plus clairs avec des tâches en forme de chaîne jaune-or ; enfin, d'autres peuvent être partiellement lignés. La face ventale est parfois orangée ou rouge-vif, ce qui en fait une magnifique Couleuvre ! (photo provenant du site : www.iconosquinas.blogspot.com)

Leur comportement agressif dans le milieu naturel n'est pas sans rappeler celui de notre Couleuvre verte et jaune. Mais, contrairement à cette dernière, les Animaux nés en captivité sont très doux et ne mordent pas.

Cela fait plusieurs années que Coluber hyppocrepis est reproduite au Reptilarium du Mont-Saint-Michel.

Le dernier exposé de ces journées rencontres nous est présenté par Francis Pastor. Il est ici question d'aborder les principales mesures qu'implique la maintenance de la Tortue hargneuse (Chelydra serpentina.)

Cette Tortue aquatique originaire du continent américain se subdivise en quatre sous-espèces qui se distinguent essentiellement par leur taille, réparties du Canada au Mexique, en passant par la Floride. Sa détention implique la possession d'un Certificat de Capacité et d'une Autorisation d'Ouverture d'Etablissement car c'est à juste titre un animal dangereux. (photo provenant du site : www.britanica.com)


Un individu adulte est en effet parfaitement capable de vous mordre cruellement (jusqu'à sectionner un doigt), et cela, même si vous le tenez par la carapace ! Cela invite à la réflection n'est-ce pas ?

Francis nous explique la nécessité de maintenir cette Tortue dans des enceintes sécurisées, réalisées en P.V.C. extrudé et munies d'un puissant système de filtration, accessible de l'extérieur. En effet, même si un simple aquaterrarium permet de maintenir les "bébés" un certain temps, ceux-ci, en grossissant, vont très vite être capables d'endommager les accessoires électriques (chauffage, filtraton), et même casser les vitres !

Sachant que la taille de la carapace est comprise entre 40 et 50cm chez les adultes et que leur poids peut dépasser 40kg, l'acquisition et la maintenance d'une telle espèce n'est pas une affaire d'amateurs.

 

 
 



Le temps d'un rapide déjeuner et d'un petit tour dans ce magnifique parc, comme pour m'imprégner encore une fois de la magie de ces lieux ainsi que ces merveilleuses rencontres animales et humaines, et il me faut repartir chez moi, non sans avoir partagé un dernier verre, celui de l'amitié.

La Terrario, c'est avant tout la convivialité !

Je serai des votres l'an prochain. Promis.

Voilà les enfants. J'espère que cette petite escapade vous a fait plaisir.
Je vous dis à très bientôt !


Par Richard Dijoux
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Dimanche 15 mars 2009



Chers amis bonjour!


Après quelques mois d'un relatif silence, me voici de nouveau avec vous pour cet article printanier. Cette fois ci, il est question de vous présenter quelques projets d'élevage qui me tiennent à coeur. La plupart des photos ont été réalisées par Dany Marangon, une amie passionnée de Nature... et de photos. Quant aux quelques autres clichés, ils proviennent de mon téléphone portable lorsque leur qualité en permettait l'exploitaton. J'espère que vous apprécierez!

Toutefois, je ne peux commencer cet article sans avoir une pensée pour mon Andreï, superbe mâle Pantherophis guttatus "snow green" qui est décédé il y a deux semaines d'une insuffisance digestive probablement due à une attaque de parasites internes. Malgré des mois de soins attentifs, je n'ai malheureusement rien pu faire...

Andreï était un magnifique et adorable Animal et sa disparition laisse un grand vide dans l'élevage. Il n'en demeure pas moins à l'origine de très beaux projets d'élevage et, croyez moi, sa descendance est à la hauteur des espoirs qu'il succitait de son vivant.

Voici à présent quelques photos de certains projets d'élevage pour cette saison ainsi que les deux années à venir.







  
             


















Pantherophis guttatus "pastel motley". Cette mutation possède des couleurs très nuancées avec des tons gris, rose et jaune et un ventre blanc sans damier. Les premiers reproducteurs ont été achetés au Centre d'Elevage Reptilis en 2003. Depuis, j'ai selectionné les plus beaux spécimens nés au sein de mon élevage afin d'en faire mes nouveaux reproducteurs. Des naissances sont espérées pour cette année.



 

   












Pantherophis guttatus "lavender". La photo de gauche montre un mâle provenant de chez Nathalie Fradet (gut.folie) C'est un magnifique spécimen avec ses couleurs gris mauve et orange et la photo est loin de montrer sa réelle beauté . En effet, il est parfois très difficile de traduire la véritable beauté de certaines mutations, même avec de l'expérience et un bon objectif. La photo de droite montre une femelle de la forme gris ardoise née dans l'élevage en 2006. Personnellement, je trouve cette couleur tout aussi jolie que les lavender qui ont du orange saumon et j'aimerais faire un travail de selection sur ces deux formes, dans le futur.
Ces deux photos montrent une petite femelle née en 2008 et présentant des couleurs particulièrement attractives. Son père est un opale de souche SerpenCo et sa mère est une naturelle hét. snow et lavender.


La phase "anerythristic lavender" est le résultat de la combinaison des ces deux gènes. Les Animaux ont les couleurs de l'anerythristic - quoique beaucoup plus claires- avec une teinte gris-mauve sur la tête et les yeux rubis. Ce mâle est né dans l'élevage en 2007. Ses parents provenaient du Centre d'Elevage Reptilis.

Cette très belle phase est relativement nouvelle et reste encore à exploiter, notament en ce qui concerne le mode de transmission des gènes.

J'ai eu le plaisir de voir naître l'an dernier des anerythristic lavender issues d'autres parents, les mêmes que ceux de la petite lavender très colorée, père opale issu de SerpentCo (élevage américain de grande renommée) et mère née dans l'élevage phase naturelle hét. snow et lavender (photos ci-dessous.)





























Pantherophis guttatus "fluorescent orange". Cette superbe selection d'albinos n'est pas sans rappeller la très connue mutation "reverse Okeetee" mais elle possède une coloration orange nettement plus marquée. Les juvéniles sont identiques à ceux des reverse Okeetee et c'est à l'âge adulte que la couleur orange fluorescent prend toute sa signification. Mes reproducteurs proviennent du Centre d'Elevage Reptilis et devraient être prêts pour l'année prochaine.



 














   Pantherophis guttatus "hypomelanistic"
Ces "hypo" proviennent de chez Nathalie Fradet et devraient se reproduire pour la première fois cette année. Ils sont issus d'une ponte d'hypo. ultra et sont aussi hétéro charcoal. Autant dire que la ponte devrait me réserver de bien belles surprises...









 




















 














Pantherophis guttatus "golddust". Cette mutation récente combine le gène caramel/amber avec le gène ultramel. Il en résulte des Serpents dont la robe jaune rappelle les butter mais avec un fin liseré gris foncé autour des motifs.
La face ventrale est magnifique! Elle se compose en un damier jaune et gris-foncé sur fond blanc. Ce couple provient de La Ferme Tropicale à Paris et j'espère une reproduction pour cette année.

 











 

La mutation "blood red" de Pantherophis guttatus connait depuis quelques années un succès non démenti. Mon mâle reproducteur provient d'un éleveur allemand et serait de souche américaine (SerpentCo) et la femelle (photographiée ci-dessus sur fond bleu) provient du Centre d'Elevage Reptilis. Si tout va bien, ils devraient se reproduire cette année.


Pantherophis guttatus phase "pewter". Ce juvénile est issu de la combinaison du gène blood red et charcoal. Il deviendra complètement gris-argenté à l'âge adulte. Comme tous les blood red et leurs dérivés, la face ventrale ne possède pas de damier. Cet Animal provient de chez Patrick Androsso, éleveur sympathique et passionné (cela va souvent de paire) tout près de St Etienne.



















Pantherophis guttatus "naturelle" aux motifs aberrents (regardez cette superbe face ventrale!). Cette demoiselle est née en 2006 au sein de l'élevage. Sa maman nous a quitté depuis longtemps déjà mais son père est toujours là. Elle vient de pondre une dizaine d'oeufs issu d'une reproduction avec ce dernier. Naissances prévues début mai.












Pantherophis guttatus "anerythristic". Une phase aussi ancienne que connue et appréciée. Les bébés qui naîtront début mai seront hétérozygotes snow et ghost.














Pantherophis guttatus "snow coral motley". Je possède deux jolies femelles qui viennent de chez La Caverne de Draco, éleveur de la région parisienne qui est à la tête d'une très belle collection de Serpents des blés.

Là aussi, difficile de se rendre compte de leur véritable beauté car photographier des sujets clairs est difficile...
















Pantherophis guttatus "amelanistic zigzag". Ce bijoux provient de chez Christos Skliris (ABC Snake Center) basé dans l'Aisne, près de Chateau Thierry. C'est un mâle juvénile né en 2008 mais il est déjà extrêmement prometteur, tant par sa taille que sa coloration. Une très belle base pour travailler sur la mutation "zigzag".
















Pantherophis guttatus "sunkissed". Une nouvelle mutation très intéressante mariant le gène hypomelanique avec la selection d'élevage Okeetee. Les Animaux prennent avec l'âge une teinte orange avec des taches estompées. Le dessin sur la tête est caractéristique, rappellant vaguement un crâne.

Les individus que je possède sont âgés de un an et provennent de chez Thomas Depyl de chti'reptiles, un éleveur de la région... du Nord.














Pantherophis guttatus "Okeetee". Voilà une sélection d'élevage qui me fait beaucoup rêver... La photo de gauche montre une femelle de type "Abbott's" (du nom de l'éleveur qui a créé cette sélection.) Elle fait partie d'un trio acheté au Centre d'Elevage Reptilis. Celle de droite montre une femelle issue de parents certifiés sauvages, provenant de La Ferme Tropicale. Pour l'instant, il y a une grande similitude entre les deux individus qui ont le même âge, soit deux ans. Il sera passionnant de voir leur évolution au fil du temps mais on peut d'ores et déjà constater que la Nature est capable de nous éblouir avec des individus aux couleurs chatoyantes qu'on croirait être la résultante d'un méticuleux travail de sélection par l'homme...




















Pantherophis guttatus "ultimate crimson". Cette merveille est un jeune mâle acheté à Christo Skliris (ABC Snake Center.) Il semblerait qu'un nouveau gène ait été découvert par Christo. A l'instar du gène "ultra", celui-ci provoque un éclaircissement et surtout une luminosité des couleurs exceptionnelle, ainsi que des yeux rubis chez les jeunes spécimens. Pensant avoir à faire au gène "ultra" au tout début, Christo les avait tout naturellement nommés "ultramel". Mais voilà, la codominance de ce gène ne se conjugue pas avec le gène albinos mais avec le gène hypo ...ce qui fait penser à un nouveau gène qu'il a baptisé du nom de "ultimate". Bien loin de nous avoir livré tout ces secrets, "l'ultimate" ouvre une nouvelle porte à la génétique des Serpents des blés et nous ne sommes assurément pas au bout de nos surprises!

La photo de gauche montre une femelle Pantherophis guttatus de la phase ultimate hypomelanistic âgée de deux ans. Sur les photos de droite, c'est un mâle ultimate ghost. 

Notez l'oeil couleur
rubis et l'intense
coloration jaune
sur la première
partie du corps.










Pantherophis SP creamsicle motley. Cet hybride entre Pantherophis guttatus et Pantherophis emoryi nous surprend par sa coloration orangée particulièrement vive et l'absence de damier ventral, caractéristique propre aux motley et lignés. Le jeune couple que je possède provient du centre d'élevage Reptilis et devrait être prêt pour l'an prochain.

 

 

 

 

 

 



 






















Voici une phase qui m'a fait littéralement craquer le jour où je l'ai découverte : la phase Halloween. Il s'agit d'une sélection d'hypomelanistic effectuée par Stéphane Rosselle de Reptilis. La couleur de ce Serpent de blés est jaune safran à orange clair, et, comme il s'agit d'un "hypo" et non un "albinos", il possède des yeux de couleur foncé et une face ventrale... divine. Je possède un trio âgé de deux ans et qui devraient se reproduire cette année.



Pantherophis guttatus "hypo lavender" Cette mutation très recherchée possède des teintes gris-mauve et saumon chez le mâle (photographié ici.) La femelle est plutôt dans les ton gris ardoise clair.

Ces  superbes Animaux ont été achetés à Christophe Mauvières, éleveur spécialisé dans les Serpents des blés. Les premiers bébés sont attendus pour 2010.











Pantherophis guttatus "reverse Okeetee". Le travail de sélecion que j'ai débuté en 2006 sur cette phase mythique continue comme en témoignent ces photos (les deux de gauche montrent une petite femelle "hi white" et celle de droite une jolie femelle très typée.)

Voilà pour aujourd'hui les enfants. J'espère que vous avez apprécié ces quelques photos de Pantherophis guttatus. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel article.


Par Richard Dijoux
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Dimanche 20 juillet 2008

    Forêt de Tronçais dans l'Allier. Les beaux jours sont là et la nature tient ses promesses.

Bonjour à toutes et à tous!

La mi-juillet est passée et il est temps que je vous donne des nouvelles de COLUBIASNAKES.
La saison des reproductions est maintenant largement entamée. L'essentiel des naissances a eu lieu même si quelques pontes restent encore à éclore. En effet, entre les quelques deuxièmes pontes de mes chères mamans et les rares retardataires, la saison des naissances devrait s'achever courant septembre.

Cette année, les reproductions se sont déroulées avec six semaines d'avance sur l'an dernier, ce qui m'a permis d'exposer aux bourses de Villefranche S/ Saône, Villers Cotteret et Hénin-Beaumont. Par ailleurs je tiens à remercier de nouveau tous les efforts mis en oeuvre par les organisateurs et leurs équipes afin de guarantir l'accueil et le bon déroulement de ces évènements.

Tout au long de cette période de reproduction, j'ai pris quelques clichés de mes Animaux et je me propose de vous en faire profiter. La plupart des photos de cet article ont été prises avec mon téléphone portable, ce qui explique leur qualité relativement aléatoire. Je vous remercie par avance de votre compréhension, l'essentiel étant en effet de prendre les images "sur le vif".


Le mois de février pointe le bout du nez et déjà ça frétille dans les boxes comme ces Pantherophis bairdy (ci-dessus) qui ne tarderont pas à s'accoupler. Etait ce la luminosité exceptionelle de cette fin d'hiver ou simplement le fait que mes reproducteurs entament leur troisième saison et donc commencent à être bien cyclés? Difficile à dire, mais les choses semblent vouloir commencer tôt cette année.
Les autres Serpents s'accoupleront tous peu de temps après, promesse d'une saison précoce.
Tentatives d'accouplement chez Pantherophis guttatus "sunglow"

Accouplement imminent chez Pantherophis guttatus "reverse Okeetee". Le mâle (en haut) tente d'introduire l'un de ses deux hémipenis dans le cloaque de sa femelle. Le plus souvent, lorsqu'elle est concentante, elle lève légèrement la queue ce qui facilite l'accouplement.

Ce sont les phéromones (odeurs sexuelles) des femelles qui déclenchent le comportement sexuel des mâles. La production de ces phéromones est liée a l'ovulation des femelles dès le réveil printanier et après une première mue dite "mue d'ovulation." En ce sens, le cyclage des Animaux -par l'hibernation justement- permet de déterminer avec exactitude cette période cruciale où il ne faut pas manquer les accouplements.

On reconnaît une femelle qui ovule au ballonement plus ou moins prononcé qui survient au niveau de son ventre. Mais ce qui ne trompe pas, c'est la réaction d'un mâle lorsqu'il est mis en sa présence. En effet, après l'avoir "flairé" avec insistance de sa langue, il est pris de soubressauts et cherche à s'accoupler en montant sur la femelle et en essayant d'y introduire l'un de ses hémipenis. La femelle, elle aussi, est prise de tremblements caractéristiques, et, si elle est concentante, ce qui est le plus souvent le cas lorsqu'elle ovule, elle finit par lever légèrement sa queue, laissant le mâle s'introduire. Chez le Serpent de blés, cette parade dure de quelques minutes à plusieurs heures. L'accouplement en lui même ne dure rarement plus de quinze à trente minutes selon mes observations personnelles. Il peut être renouvelé quelques heures à quelques jours plus tard.

Lorsque l'on désire une reproduction réussie, il est important d'obtenir plusieurs accouplements. Ceci afin de donner un maximum de chance que la femelle soit fécondée. Pour ma part, j'ai observé qu'en général 4 à 5 accouplements suffisaient le plus souvent pour mener à bien les choses.

En parallèle, il est important de bien nourrir les reproducteurs afin qu'ils puissent mener à bien cette étape de leur existence où leur réserve énergétique est mise à mal. (productions d'ovules puis gestation et ponte pour les femelles, stress des accouplements chez les mâles.)

Environ un mois à un mois et demi après les premiers accouplements observés, la femelle grossit, puis arrête de s'alimenter. Tout en continuant de grossir, elle fait une mue dite "mue de ponte." C'est cette dernière qui annonce l'imminence de la ponte car, le plus souvent, celle ci a lieu environ 10 jours après cette mue.
Ponte de Pantherophis guttatus "Miami"
Les femelles pondent dans une "boîte de ponte" installée dans son boxe ou vivarium (dans une zone tempérée). C'est une boîte en plastique avec un trou au milieu du couvercle pour permettre le passage du Serpent. Au fond ce cette boîte se trouve une couche de 3 à 5 cm de vermiculite humide. Cela créé un milieu confiné et humide dans lequel la femelle sera à son aise pour pondre.


Ponte de Pantherophis guttatus "amelanistic"
Il est important de réduire la taille du point d'eau car il peut arriver que la femelle vienne malencontreusement y déposer ses oeufs, au lieu de le faire dans le bac de ponte. Ils seraient alors irrémédiablement perdus.


Ponte de Pantherophis guttatus "candycane orange"

Ponte de Pantherophis guttatus "reverse Okeetee"

Ponte de Pantherophis guttatus "albinos milk snake"

Ponte de Lampropeltis triangulum sinaloae

Le plus souvent, les oeufs sont pondus en grappe dans un délais de quelques heures. Lorsque les choses se déroulent ainsi, c'est en général bon signe quant à la qualité de la ponte, mais il peut aussi arriver que les oeufs soient pondus "au compte goutte" sur plusieurs jours. Dans ce cas, les chances de réussite sont inférieures car il s'agit alors le plus souvent d'une ponte stérile (observations personnelles.)

Une fois pondus, les oeufs sont placés dans une "boîte d'incubation". Cette dernière est semblable à la "boîte de ponte" mais elle est plus petite et sans trou sur le dessus. Une dizaine de trous d'aération de 5 milimètres de diamètre de part et d'autre de la boîte assureront la circulation de l'air. Comme pour les "boîtes de ponte", on déposera sur le fond 4 à 5 cm de vermiculite humide (non détrempée.)

Les boîtes d'incubation sont placées ensuite dans une couveuse à une température de 27 à 29°C et une hygrométrie de 90% environ. Dans ces conditions, les Serpenteaux naîtront au bout de deux mois.

Voici l'une de mes deux couveuses. Il s'agit d'un vieux réfrigérateur reconverti à cet usage. L'ensemble est climatisé par cordon chauffant de 100W relié à un thermostat de qualité (très important!) Le bac à légumes sert de réserve d'eau assurant l'humidité de la couveuse. Chaque boîte comporte une étiquette où sont mentionnés le nom le la mère, la date de ponte et la date prévue de l'éclosion. Personnellement, je place mes couveuses dans un endroit frais et calme (petite pièce servant de cave) car les pics de chaleur estivale et des passages incessants peuvent gêner le bon déroulement de l'incubation.

Après environ deux mois d'attente (sans aucun doute les plus longs de l'année...)
Voici le miracle tant attendu...
D'adord une petite tête,

Eclosion de Pantherophis guttatus "candycane rouge"

Eclosion de Pantherophis guttatus "candycane rouge". Le Serpenteaux coupent leur coquille grâce à "la dent de l'oeuf", minuscule dent éphémère placée en avant de la mâchoire supérieure.

Puis deux, puis trois et ainsi de suite... Quel bonheur!

Eclosion de Pantherophis guttatus "phantom".

Eclosion de Pantherophis guttatus "phantom"

Eclosion de Pantherophis guttatus "reverse Okeetee"

Eclosion de Lampropeltis triangulum campbelli

Une des surprises de cette saison, Lampropeltis triangulum campbelli phase "abricot".

Eclosion de Pituophis catenifer annectans "albinos applegate".

Chaque bébé est sexé puis installé individuellement dans une petite boîte en plastique translucide munie de trous d'aération et garnie d'un papier absorbant et d'un petit ramequin d'eau.
Chaque boîte est étiquetée (réf., sexe, nom de l'espèce, phase, date de naissance) et installée en batterie (photo ci-dessous.)

Un souriceau décongelé est présenté le soir venu au Serpenteau. Environ un tiers des Animaux se nourriront immédiatement, un autre tiers après la première mue (qui a lieu une semaine après la naissance.) Quant au dernier tiers, il mettra quelques jours à quelques semaines à "démarrer". La présentation de bébés souris vivants s'avèrera très utile, même si, malheureusement, une partie d'entre eux ne s'alimentera jamais et finira par décéder (observations personnelles.)

Voilà pour aujourd'hui les enfants, j'espère que ce petit article vous a fait plaisir autant que j'ai eu plaisir à le rédiger. Je vous laisse avec la photo de ce joli feuillage qui nous rappelle à quel point la nature est somptueuse et qu'il faut à tout prix la préserver!

                                           
Dans le prochain article je vous parlerai des petites "surprises" qui sont nées cette année chez COLUBIASNAKES ainsi que de quelques projets de reproducion.

                                        A très bientôt!









Par Richard Dijoux
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